Journée de délibérations pour le Jury Jeunes à la Biblio de La Teste de Buch.

Beaucoup d'engagement et de pertinence dans les échanges 



Stéphane Arsicaut, Président d'Ecran Jeunes de La Réunion et Djaïa

Jury Jeunes

Stéphane Arsicaut, Président d'Ecran Jeunes de La Réunion et Djaïa


« En bonne compagnie », un plaidoyer cinématographique 

Nous avons particulièrement apprécié le film « En bonne compagnie » qui aborde le sujet intemporel du droit à l’avortement à travers une histoire d’amour ainsi qu’ un travail artistique et visuel remarquable.

L’utilisation fréquente de lumières joue un rôle majeur dans l’esthétisme du film. Effectivement, les couleurs et lumières artificielles utilisées offrent une harmonieuse colorimétrie au film en plus de son histoire poignante. La réalisatrice, Silvia Munt, accompagne ces lumières de plans diversifiés qui procurent aux spectateurs une idée claire sur les ressentis des personnages, se rapprochant parfois de la beauté d’un tableau. Cette expérience cinématographique nous offre une totale immersion artistique mais également historique. 

Le côté révolutionnaire et libéral des femmes de cette époque est parfaitement interprété par les deux jeunes actrices principales,  Alícia Falcó et Elena Tarrats. Elles nous offrent une performance touchante et sentimentale tout au long du film à travers une histoire d’amour assumée. La réalisatrice aborde subtilement la recherche de soi ainsi que les problèmes liés à la sexualité à travers la question de l’avortement. 

Malheureusement, la revendication du droit à l’avortement reste un sujet très discuté voir tabou dans de nombreux pays. Il a d’ailleurs été récemment interdit dans plusieurs états des Etats Unis privant ainsi de nouveau les femmes de cette liberté cruciale. De plus, dans notre propre pays, ce droit peut encore être remis en question. La réalisatrice fait donc un plaidoyer à travers la réalisation de ce film au nom de toutes les femmes pour que ce droit fondamental reste en vigueur. « C’est mon modeste hommage à toutes les femmes de cette génération : pouvoir partager ce qui s’était passé, ce qu’on ne sait pas et les sortir du silence. », c’est à travers ces mots et son œuvre que la réalisatrice apporte son soutien à toutes ces femmes.

 

 Lisa Hurier, Malia Cazou


Djaïa

Lucine

 

«Mia», une relation destructive

 

Mia, nous a profondément ému, frappé et tenu en haleine. Ce film fait écho à l’actualité en abordant des questions de consentement et de cyberharcèlement, avec des personnages complexes. Nous suivons Mia, une jeune adolescente qui profite de le vie. Celle ci commence une relation amoureuse qui apparaît rapidement toxique.

Le jeu des trois acteurs composant la famille (Greta Gasbarri, Eduardo Leo et Milena Mancini) est touchant et nous fait passer par de multiples émotions, telles que l’angoisse, la compassion, la colère, le dégoût... Le réalisateur, Ivano De Matteo, nous transmet des sentiments par le biais d’images et de scènes violentes et réalistes renforcées par les couleurs et l’ambiance. Tout cela nous permet de comprendre que cette histoire peut arriver à chacun d’entre nous. Le film nous montre les répercussions de manière véritable sur la victime et ses proches. Dans l’ensemble nous avons trouvé que ce film est poignant et laisse à réfléchir. Cependant nous avons trouvé que le développement du père prend un peu trop le dessus sur l’histoire de Mia, notamment sur la dernière partie du film.

 

Lucine et Djaïa


Charlotte

Tia

Entre tradition et modernité

 

Ce film à travers son scénario nous fait découvrir des traditions ancestrales mongoles particulièrement celle du chamanisme, portées par les contrastes des paysages urbains de la capitale de la Mongolie, Oulan- Bator.

 Le chamanisme est bien représenté par la tenue de Ze,  un chaman de 17 ans, le toli et son tambour qui lui servent à invoquer son « esprit » et lui laissant prendre possession de son corps. Cette dimension chamanique nous transporte dans un univers spirituel peu connu que nous aurions aimé voir plus développé.

En effet, cette dimension a été occultée par l’histoire d’amour entre Ze et Marla qui a subi une opération du cœur pour laquelle sa mère avait fait appel aux services de Ze.

Les plans utilisés  pour nous retranscrire les paysages  sont  appuyés par un jeu de couleurs froides qui évoquent bien le froid de la Mongolie et qui mettent bien en avant le contraste entre la tradition représentée par les yourtes et la modernité par les immeubles, ce contraste illustrant parfaitement la vie de Ze.

La bande son du film participe à l’ambiance froide de la Mongolie avec des contrastes de musiques moderne et traditionnelle.

Le reproche que l’on peut faire à ce film est sa lenteur ainsi que la culture mongole n’est pas suffisamment approfondie.

 

 

Tia Bensacq et Charlotte Pasquier Marchand  


EBLOUISSANT MAIS INACHEVE

 

Ce film est un spectacle éblouissant, par ses lumières, ses couleurs, ses images, notamment lors d’une scène où l’on découvre la lune et les étoiles qui se superposent à la vallée américaine d’El Paso.

Nous pouvons également apprécier une atmosphère des années 80 aux Etats-Unis, à travers les piscine de motel, les maisons à l’américaine, les styles vestimentaires de l’époque, le tout accompagné de style de musique de l’époque.

Les personnages, Aristote et Dante, deux adolescents, semblent se chercher, par rapport à la fois à leur orientation sexuelle mais aussi à leurs origines à la fois américaine et mexicaine.

On peut noter la très belle performance d’interprétation de Reese Gonzales (Dante) dans ce film.

Pour les amateurs de beaux paysages et d’art visuel, vous serez servi. Par contre, pour les amateurs de grand film mené par un grand scénario, ce n’est peut-être pas le meilleur film pour vous satisfaire.

Ce film est adapté du bestseller de Benjamin Alire Saenz sortie en 2012, mais semble avoir trop de lacunes par rapport à l’œuvre originale, ce qui peut nous laisser sur notre faim.

Ce qui ressort le plus de ce film c’est sa magie et sa poésie.

 

Pierre LUMMEAUX


Formation du Jury Jeunes à la Biblio de La Teste de Buch. Merci à Catherine Berthelard, animatrice de la formation et aux jeunes membres, pleins de curiosité, d'envie et déjà bien affûtés. Merci à Edgar Gorin, professeur documentaliste au Lycée Grand Air d'Arcachon.